Hangar 107

Thomas Canto & RERO – Objet impossible

Thomas Canto & RERO – Objet impossible


 

Avec OBJET IMPOSSIBLE, Thomas Canto et Rero vous emmènent aux frontières de l’intangible. Comment représenter le silence ou la vitesse ?

Ces deux artistes vous présentent leur réponse à ce grand défi qu’est la représentation de l’impossible. À travers dix sept œuvres, dont deux installations communes réalisées in situ, ils viennent vous questionner et vous perturber sur le sens des mots mais aussi des lignes.

Avec Structuring Shadows, l’une des deux installations collaboratives, RERO interroge la notion de silence et de son impossibilité. Réalisée à partir d’une structure anéchoïque (paroi acoustique absorbante) monumentale, cette installation s’inspire des chambres sourdes ou capitonnées au sein desquelles le silence semble régner. Mais le silence existe-t-il vraiment ?

John Cage nous dirait : « Le silence n’existe pas. Il y a toujours quelque chose qui se passe et qui produit du son. »

La seconde installation collaborative Reverberations, proposée par Thomas Canto vient explorer les limites de notre perception. Un savant mélange de peinture murale, d’anamorphose et de sculpture, vient brouiller nos repères spatiaux et visuels. Grâce à une mise en scène abstraite, Canto réussit à créer un sentiment d’attraction intense et englobant. Rero quant à lui, vient perturber ce dispositif avec des textes comme pour parasiter ou prolonger les différentes lignes de fuites de cette installation.

Pour la première fois, ces deux artistes prennent possession d’un même lieu pour vous emmener dans leurs univers aux limites de l’impossible.

 

 
 

Thomas Canto

Dès 1990, Thomas Canto peint ses premières œuvres, inspirées par les maitres abstraits comme Moholy- Nagy ou Malevitch. Autodidacte, il s’essaye à différentes techniques pour créer son identité. Conforté dans son goût pour l’abstraction par l’étude des courants constructiviste et futuriste, Thomas Canto creuse de manière obsessionnelle les sujets de la représentation de la vitesse et de la perspective.

En 2005, sa première exposition personnelle lui permet d’initier des travaux in situ et d’approfondir son travail sur la notion d’espace au travers d’installations immersives. En 2013, il participe au projet artistique des « Bains Douches ». La liberté d’expression qu’il trouve dans ce nouvel environnement lui suggère l’appropriation totale d’un lieu et de son espace. C’est à ce moment qu’il définit le concept qui structure l’ensemble de ses productions futures : le rapport de l’Humain à l’Architecture.

Sa curiosité pour la technique s’étend jusqu’aux travaux des architectes Zaha Hadid, Jean Nouvel et Oscar Niemeyer. Depuis 2014, il se spécialise dans une création géométrique d’une grande précision, dont le mouvement éclaté dégage une profonde tension. Poursuivant son appropriation de la matière, de la lumière et notamment des ombres qu’elle projette, il ajoute progressivement des entrelacs de nylon à ses « caissons » de plexiglas.

Il présente successivement des installations aux anciennes Douanes de Rome (Italie), au Bund 18 de Shanghai (Chine) puis, en 2015, pour la Biennale de Völklingen (Allemagne), ainsi qu’au Musée d’Art Moderne et Contemporain Mohammed VI de Rabat (Maroc). À la fin de cette année, Thomas Canto présente pour la première fois une mise en scène de vidéo mapping. Ce travail interpelle plus particulièrement la curiosité du critique Achille Bonito Oliva qui rédige le manifeste de l’évènement.

Ces dernières années, la lumière et l’optique se sont installées au cœur de l’œuvre de Thomas Canto. L’exposition « Gravitational Transparencies » (Shanghai) témoigne des multiples possibilités offertes par le jeu des réflexions lumineuses et les impressions d’infini qui en découlent.

Il continue ses recherches sur la transparence avec l’installation « Illusory Perspectives » présentée au Centre Pompidou (Paris). Plus récemment, Thomas Canto développe un travail sculptural qui mélange techniques traditionnelles et industrielles.

Les œuvres qui en résultent ont vocation à être installées dans l’espace public afin de créer un véritable dialogue entre l’environnement urbain et ces créations qui en sont inspirées.


 
 

RERO

Les recherches de l’artiste français Rero, né en 1983, se sont construites autour de la négation de l’image, omniprésente dans notre société contemporaine : il barre ses messages d’un épais trait noir. Ceux-ci investissent la ville et d’immenses lieux abandonnés dès 2008. Rero y interroge les codes de la propriété intellectuelle, de l’image ou du langage informatique. Il s’inspire de Jean-Michel Basquiat qui expliquait : « je raye les mots pour qu’on les voit davantage. Le fait qu’ils soient rayés donne envie de les lire ». Négation, autocensure et détournement sont les maîtres-mots de son langage.

À l’invitation de l’association Le MUR, il se fait remarquer en 2009 avec une immense affiche à Paris sur laquelle on peut lire : « J’AURAIS PRÉFÉRÉ UN MUR BLANC PLUTÔT QUE CETTE IMAGE DE MERDE. »

Il bénéficie en 2011 de sa première exposition personnelle en galerie. ERROR 404 (lien manquant), à la galerie Backslash lui permet d’investir un nouvel environnement. L’extérieur a fait place au monde de l’intérieur et les toiles aux multiples matières, les résines ou encore les gaufrages sont venus enrichir son mode d’expression.

À travers une série d’installations étonnantes, l’artiste réinvente l’espace de la galerie et lui confère une intense énergie. Tas de livres abîmés et abandonnés par terre, mur partiellement détruit… Les insolences de l’artiste viennent se confronter à des toiles qui jouent sur le thème de la négation de l’image.

Il ne cessera dès lors d’interroger d’un côté le contexte de l’art, de l’autre les codes de l’image. Son travail s’internationalise de manière beaucoup plus marquée en 2012, notamment aux États-Unis, avec de grandes interventions dans la nature. Rapidement, les mots et expressions barrées de Rero jalonnent les institutions prestigieuses.

Les lettres barrées géantes de DO NOT CROSS THE LINE viennent investir la façade du Centre Pompidou en 2013, suivies par des lieux aussi différents que nombreux comme Le Bon Marché en 2013 ou le MAC / VAL en 2014. Une importante monographie ERREUR DANS LE TITRE est consacrée à son travail aux Editions Gallimard (Alternatives) en 2014.

Ses recherches se concentrent alors autour de l’invisible et de ses possibilités d’expression : ce que l’on ne voit pas mais qui pourtant existe.
Fortement imprégné de philosophie et de sociologie, il ne cesse d’interroger les codes de notre société, notamment autour des notions de consommation et d’obsolescence. Une édition vient reprendre en 2017 ses dix dernières années de recherches : IBID 2007-2017.