Belin, Lek & Franco Fasoli – Main street

Belin, Lek & Franco Fasoli – Main street


 

L’exposition « Main Street » pose ses valises à Rouen après sa dernière édition dans le plus grand Musée d’Art Contemporain d’Afrique du Nord : le Musée Mohammed VI à Rabat (Maroc). Cette fois-ci, la crème de l’Art Urbain se réunit pour une intervention exceptionnelle avec les artistes BELIN (ES), FRANCO FASOLI (AR) et LEK (FR) qui produiront 3 œuvres monumentales au sein du Hangar 107.

L’Art Urbain, qui réunit des artistes issus du Street Art et du Graffiti, a acquis ses lettres de noblesse ces 15 dernières années, après avoir été un mouvement underground, décrié et illégal. Aujourd’hui, les œuvres s’arrachent dans les maisons de vente, les galeries d’art se sont emparées des artistes, proposant chaque année un nombre d’expositions vertigineuses partout dans le monde. C’est ainsi que l’Art Urbain est devenu le mouvement le plus dense, le plus populaire et le plus mondialisé de l’Art Contemporain du 21ème siècle.

 

 

 
 

Belin

Né en 1979 à Linares en Espagne, Miguel Ángel Belinchón Bujes alias Belin est connu pour son appropriation talentueuse des règles de l’hyperréalisme qu’il retranscrit librement en milieu urbain depuis 2001.

L’exactitude des proportions rend son travail immédiatement reconnaissable dans le paysage des villes. Ses nombreuses fresques, réalisées au spray et sans pochoirs, lui ont permis d’être référencé comme l’un des artistes les plus prometteurs issus du vaste vivier de l’art urbain.
Ces quinze dernières années, Belin a rendu compte d’une nature humaine proportionnellement parfaite. Dans ses nouvelles créations, il modifie sensiblement son approche et choisit d’accumuler les angles de représentation. La rupture assumée avec le carcan réaliste lui permet de se concentrer sur la diversité des expressions et d’en retranscrire librement les nuances. Doué d’un sens inné de la réalité objective, l’artiste cède ainsi à la tentation subjective et s’attache à briser les proportions qu’il maîtrise.

Dans la continuité de ses travaux précédents, on retrouve les aplats de couleurs vives et les jeux de textures. Belin associe savamment ces deux effets au tracé de ses lignes dans le but de leur imprimer un mouvement. L’artiste conserve également certains éléments hyperréalistes structurant de son identité visuelle première, ce qui confère un caractère unique à ses œuvres.

Belin qualifie cette expérience de juxtaposition des styles de « Post Neo Cubism », en hommage au travail de Pablo Picasso à l’origine de son tournant créatif.

 


 
 

Lek

Élevé dans le 19ème arrondissement de Paris en pleine effervescence du graffiti au terrain de Stalingrad en 1980, Lek développe son style graphique, mixant le graffiti et sa connaissance de l’architecture avec des influences du Bauhaus, de l’abstraction, du futurisme. Avec Hof et Osean, son crew LCA casse les codes classiques du milieu pour aller vers des compositions minimalistes, s’émancipant du sens des lettres pour favoriser des lignes de forces, des formes graphiques, des directions, des croisements, des contrepoints qui dialoguent avec l’environnement. Travaillant le plus souvent dans des zones industrielles désaffectées, les compositions rigides de Lek, nourries de sa formation d’architecte, s’adaptent aux contraintes du lieux. Ses fragments typographiques agissent comme des dynamiques qui lacèrent l’espace, le révèle, l’annule, ouvrant de nouvelles perspectives dans ces zones chaotiques. Lek est le co-auteur de l’ouvrage « Nothing but letters » avec Yko dont les expérimentations picturales ont fait école. Exposé à deux reprises au Grand Palais (2006 et 2009), il est à l’origine du projet « Mausolée » avec Sowat, monumentale exposition clandestine révélée en 2012 dans un film et un ouvrage, qui leur a ouvert les portes du Palais de Tokyo.

 


 
 

Franco Fasoli

Le street artiste Jaz a commencé à peindre en 1998 à Buenos Aires en Argentine, sous le nom de Franco, (il a ensuite changé pour des raisons légales…). Pour lui, le graffiti a d’abord été le moyen, à l’âge de 15 ans, de se trouver et d’exprimer sa contestation face à sa famille. Puis, il fait des études artistiques et sa façon de comprendre cet art de la rue change. Ce que Jaz aime, c’est l’étroite coexistence entre la peinture et lui, mais plus encore entre l’espace totalement publique et son travail, ainsi que la façon dont la population peut interagir avec son œuvre.

C’est la proximité avec les gens qui l’intéresse particulièrement, le pouvoir de montrer un art en accès libre. Selon lui, l’idée principale du street-art ne repose pas sur les outils utilisés, mais sur le fait de travailler dans la rue et donc de partager ses idées, son monde. Jaz n’a pas seulement travaillé en Argentine, mais il a aussi peint à Lima, au Pérou.