ARYZ - PUGNA

ARYZ, artiste virtuose de nombreuses fresques urbaines, fera l’objet d’une exposition intitulée « PUGNA » (signifiant lutte, combat en latin) au Hangar 107 sur les quais de Seine à Rouen du 20 septembre au 24 novembre 2019. Les œuvres présentées dans ce nouveau Centre d’Art Contemporain seront également accompagnées par d’autres réalisations au sein de la ville rouennaise. Une fois de plus, la capitale de l’impressionnisme affirme son rôle majeur dans la diffusion de l’art sous toutes ses formes.

 

« PUGNA » : une exposition combative sur les rives de Seine

Le combat, voici le thème central de la première exposition d’ARYZ en France dont une dizaine de toiles, une dizaine de dessins ainsi qu’une œuvre In Situ XL seront présentées au Hangar 107.
Cet événement ouvrira une série d’expositions qui prendront place à Paris lors d’un POP UP puis à Nancy au Musée des Beaux-Arts.

Exposition

Du 20 septembre au 27 décembre 2019

Le hangar 107
107, allée François Mitterrand, 76100 Rouen tel. : 02 35 58 54 47
Site : www.hangar107.fr

Horaires :
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h

Entrée libre
accès à pied, en vélo ou en transports en commun (ligne 34 arrêt Hangars)

Informations : contact@hangar107.frwww.hangar107.fr

Association à but non lucratif, Le Hangar 107 qui est actuellement dirigé par Jean-Guillaume Panis, a été inauguré en 2018 sur les quais de Seine de Rouen. Ce nouveau centre de référence pour l’art urbain et contemporain est uniquement financé par des mécènes privés (notamment Odyssenior et Sogea Nord Ouest) et propose 4 expositions par an entièrement gratuites afin de rendre l’art accessible à tous. Aryz vient ainsi se rajouter à la liste des artistes internationalement connus qui ont été exposés au Hangar 107, tels que Tania Mouraud, TILT, RERO, ou encore Craig Costello. Ce lieu offre ainsi aux artistes un lieu d’expression de qualité et adapté à leur pratique tout en contribuant significativement au rayonnement culturel de Rouen.

 

« ARYZ est une figure incontestable de l’art contemporain. Suite à notre première collaboration lors de la biennale Rose Béton (Toulouse, France), où il avait réalisé une peinture murale, j’ai réalisé qu’ARYZ était autant à l’aise dans son atelier avec un pinceau et de la peinture à l’huile que sur une nacelle à une quinzaine de mètres du sol avec une perche et un rouleau de peintre industriel. Via cette série d’événements, je souhaite montrer qu’il n’excelle pas seulement dans le gigantisme et qu’il est un artiste complet et incontournable du 21eme siècle » explique Nicolas Couturieux, commissaire de l’exposition.

 
 

ARYZ • Octavi Arrizabalaga

portrait aryz hangar 107 rouenNé en 1988 à Palo Alto (Californie), Octavi Arrizabalaga, alias Aryz, grandit à Cardedeu, petite ville de Catalogne située à quarante kilomètres de Barcelone. La désindustrialisation de la Catalogne lui offre ses premières surfaces d’expression : après avoir découvert le graffiti en 2000 dans une Barcelone en pleine effervescence murale, il commence à partir de 2004 à investir les usines et entrepôts désaffectés de la région. De son aveu, Aryz est médiocre graffeur, mais féru de dessin et de peinture depuis l’enfance. Raisons pour lesquelles il se spécialise dans les personnages au sein du collectif Mixed Media, qu’il co-fonde en 2007.

 

Marginale à l’époque, la pratique de l’urbex lui concède quelques libertés avec les dogmes du milieu du graffiti : pour couvrir de plus grandes surfaces et élargir sa palette chromatique, le jeune homme troque ses bombes aérosol contre des pinceaux et des bâtons télescopiques, et développe à l’abri des regards et des flux une œuvre soucieuse de s’intégrer à son environnement architectural. Pour ne pas cantonner son public aux rares visiteurs des friches, il commence aussi à documenter son travail via des photographies, qui ont pour particularité de prendre en compte le contexte de chaque intervention et de souligner son intégration spatiale.

 

La circulation sur Internet des images ainsi produites vaut à l’artiste une notoriété planétaire et sa première commande publique à Turin en 2010. Suivront quelques muraux remarqués en Pologne, aux Etats-Unis, en Allemagne ou en France. Au gré de ces rares commandes, Aryz étend progressivement sa gamme, et mêle à son registre habituel (dessins anatomiques, tons désaturés…) divers emprunts à l’affiche publicitaire du début du vingtième siècle et aux genres classiques de la tradition picturale européenne – natures mortes, scènes pastorales et vanités notamment. L’artiste a suivi un cursus d’arts plastiques à l’université de Barcelone entre 2006 et 2011, et y a appris à maîtriser les rouages et discours de l’art contemporain. Pourtant, c’est chez les maîtres de la peinture classique et moderne – de Goya à Morandi – qu’il puise certains de ses thèmes. Ses muraux s’inspirent aussi des chronophotographies de Jules Marey ou Eadweard Muybridge, dont on sait par ailleurs l’influence sur les avant-gardes européennes, futurisme en tête. Leur séquençage du mouvement vient nourrir l’intérêt de l’artiste pour l’anatomie. Il lui permet aussi, dans certaines fresques, de difracter à la surface des bâtiments diverses variations autour d’un même motif.

 

Virtuose du muralisme contemporain, Aryz refuse pourtant de se laisser enfermer dans l’estampille, si réductrice selon lui, de « street artist » : il se considère plutôt comme « un peintre qui a pris la rue comme support ». Sa capacité à déjouer les modes et les étiquettes l’oriente depuis la parution de sa monographie, Outdoors, en 2018, vers un style plus brut, qui met en exergue ce qu’il nomme ses « maladresses » – coups de crayon ou de pinceau, juxtapositions chromatiques et autres accidents qu’un grand mur aura tendance à lisser. Ce souci du détail et du geste se joue aussi dans son travail d’atelier. C’est d’ailleurs là qu’Aryz place son nouveau défi : à la peinture à l’huile, il développe une œuvre tout en contrastes, où la vivacité des couleurs entre en contradiction avec la crudité, sinon la violence des motifs. Une façon, encore, d’aller là où on ne l’attend pas, et d’affirmer son entière liberté de création, dans la lignée du graffiti writing.