Horaires d'ouverture :
Du mercredi au samedi de 11h à 19h
Objet Impossible Hangar 107

EXPOSITION

A travers une première installation commune, Thomas Canto et RERO questionneront la notion de silence et de son impossibilité. Cette installation sera réalisée à partir d’une structure anéchoïque (paroi acoustique absorbantes) inspirée des chambres sourdes, car comme le soulignait John Cage :

« Le silence n’existe pas. Il y a toujours quelque chose qui se passe et qui produit un son. »

Dans une deuxième installation, Thomas Canto explorera les limites de la perception en créant une oeuvre qui mélangera peinture murale, anamorphose et sculpture, brouillant ainsi les points de repères spatiaux et visuels. La confrontation du spectateur avec cette oeuvre sera rendue plus intense par une mise en scène graphique qui créera un sentiment d'attraction, invitant le public à se questionner sur les notions de possible et d'impossible. RERO viendra perturber ce dispositif avec des textes pour parasiter ou prolonger les différentes lignes de fuite de cette installation.

RERO

Les recherches de l'artiste français Rero, né en 1983, se sont construites autour de la négation de l'image, omniprésente dans notre société contemporaine : il barre ses messages d'un épais trait noir. Ceux-ci investissent la ville dès 2008 sous la forme d'affiches puis d'immenses lieux abandonnés, friches urbaines témoins de notre passé, notamment en Allemagne (ex-RDA) et en périphérie de Paris.
Rero y interroge les codes de la propriété intellectuelle, de l’image ou du langage informatique. Il s’inspire de Jean-Michel Basquiat qui expliquait : « je raye les mots pour qu'on les voie davantage. Le fait qu'ils soient rayés donne envie de les lire ». Négation, autocensure et détournement sont les maîtres-mots de son langage.

A l'invitation de l'association Le MUR, il se fait remarquer en 2009 avec une immense affiche à Paris sur laquelle on peut lire : J'AURAIS PRÉFÉRÉ UN MUR BLANC PLUTÔT QUE CETTE IMAGE DE MERDE qui sera largement commentée, dans la sphère Internet comme sur l'affiche elle-même. Il bénéficie en 2011 de sa première exposition personnelle en galerie. ERROR 404 (lien manquant) à la galerie Backslash lui permet d'investir un nouvel environnement. L’extérieur a fait place au monde de l’intérieur et les toiles aux multiples matières, les résines ou encore les gaufrages sont venus enrichir son mode d’expression.
À travers une série d’installations étonnantes, l’artiste réinvente l’espace de la galerie et lui confère une intense énergie, à l’image de ses interventions dans le paysage urbain. Tas de livres abîmés et abandonnés par terre, mur partiellement détruit… Les insolences de l’artiste viennent se confronter à des toiles qui jouent sur le thème de la négation de l’image. Il ne cessera dès lors d'interroger d'un côté le contexte de l'art, de l'autre les codes de l’image. Dans un aller-retour constant entre monde intérieur et monde extérieur, il intervient sur des immeubles (PARADIGM à La Jarry à Vincennes en 2011 ou DEGAGE, avec la complicité de la Mairie du 13e et de la galerie Itinérance la même année). Déjà présent en Allemagne et plusieurs pays d'Europe, son travail s'internationalise de manière beaucoup plus marquée en 2012, notamment aux Etats-Unis, et se diversifie, avec en particulier de grandes interventions dans la nature. Son premier catalogue est publié par les Editions Critères.
Rero réinvente ainsi constamment son travail dans un mouvement perpétuel de recherches plastiques. Il peut se définir comme une continuelle quête du sens dans laquelle les mots deviennent formes plastiques. Rapidement, les mots et expressions barrées de Rero jalonnent les institutions prestigieuses autant que les lieux abandonnés. Les lettres barrées géantes de DO NOT CROSS THE LINE viennent investir la façade du Centre Pompidou - Musée National d'Art Moderne à Paris en 2013, suivies par des lieux aussi différents que nombreux comme Le Bon Marché en 2013 ou le MAC/VAL en 2014 avec la phrase JE VOUS ATTENDS DEHORS. Une importante monographie ERREUR DANS LE TITRE est consacrée à son travail aux Editions Gallimard (Alternatives) en 2014. Ses recherches se concentrent alors autour de l’invisible et de ses possibilités d’expression : ce que l’on ne voit pas mais qui pourtant existe. Rero s’emploie à démontrer la remise en question du réel. Fortement imprégné de philosophie et de sociologie, il ne cesse d'interroger également les codes de notre société, notamment autour des notions de consommation et d'obsolescence, sans jamais juger mais en proposant au regardeur de le faire. L’artiste questionne les limites de l’intime avec ce que nous rendons public, volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment, notamment sur Internet. Une résidence au Brésil (Sao Paulo, Rio de Janeiro et Brazilia) grâce au soutien de la Caixa Cultural en 2014 vient profondément enrichir son vocabulaire et sa carrière. Il va dès lors investir tous les continents, l'Europe bien sûr (Angleterre, Allemagne, Italie, Suisse) et le continent américain (Etats-Unis, Brésil, Colombie, etc.) mais aussi récemment le Maroc et l'Asie (Singapour). En 2016, RERO investit avec l'exposition HORS SOL le Pavillon Carré de Baudouin à Paris avec plusieurs installations de grande envergure et des vidéos. Son travail toujours contextualisé explore avec brio tout le potentiel du lieu autour de la question du rapport nature / culture.

Une édition vient reprendre en 2017 ses dix dernières années de recherches : IBID 2007-2017.

THOMAS CANTO

Thomas Canto est sensibilisé à l’art dès son plus jeune âge par son entourage. Son œuvre se veut éclectique et abstraite, résolument tournée vers une esthétique futuriste.

Dés 1990, il peint ses premières œuvres, inspirées par les maitres abstraits comme Moholy- Nagy ou Malevitch. Autodidacte, il s’essaye à différentes techniques, comme la peinture à l’huile ou les outils photographiques pour créer son identité. Conforté dans son goût pour l’abstraction par l’étude des courants constructiviste et futuriste, Thomas Canto creuse de manière obsessionnelle les sujets de la représentation de la vitesse et de la perspective que l’on retrouve dans toutes ses compositions.

Il commence à exposer ses travaux à partir de 2001. En 2005, sa première exposition personnelle lui permet d’initier des travaux in situ et d’approfondir son travail sur la notion d’espace au travers d’installations immersives.
En 2013, il participe au projet artistique des « Bains Douches ». La liberté d’expression qu’il trouve dans ce nouvel environnement lui suggère l’appropriation totale d’un lieu et de son espace. C’est à ce moment qu’il définit le concept qui structurera l’ensemble de ses productions futures : le rapport entre l ’Humain à l’Architecture. Sa curiosité pour la technique s’étend jusqu’aux travaux des architectes Zaha Hadid, Jean Nouvel ou encore Oscar Niemeyer*. Depuis 2014, il se spécialise dans une création géométrique d’une grande précision, dont le mouvement éclate dégage une profonde tension. Il décide d’inclure ses peintures dans des volumes en verre acrylique qu’il investit comme autant de fenêtres ouvertes sur son travail. Poursuivant son appropriation de la matière, de la lumière et notamment des ombres qu’elle projette, il ajoute progressivement des entrelacs de nylon à ses « caissons » de plexiglas. Le produit de cette expérimentation multidimensionnelle sera présenté à Genève lors de son exposition personnelle «Transparent Landscapes».

Il proposera successivement des installations aux anciennes Douanes de Rome (Italie), au Bund 18 de Shanghai (Chine) dans le cadre de l’exposition « Look Through » puis, en 2015, de manière plus élaborée lors de la Biennale de Völklingen (Allemagne), ainsi qu’au Musée d’Art Moderne et Contemporain Mohammed VI de Rabat (Maroc). Dans son exposition « Still Lifes Of Spacetime » à Rome (Italie), Thomas Canto présente pour la première fois une mise en scène de vidéo mapping, approchant là un nouvel outil prometteur. Ce travail interpelle plus particulièrement la curiosité du critique Achille Bonito Oliva qui rédige le manifeste de l’évènement.

En 2016, il élabore des œuvres, annonciatrices de son évolution vers un travail de sculpture de plus en plus prégnant. Il multiplie les installations, notamment pour le Centre Pompidou (Paris). Ces dernières années, la lumière et l’optique se sont installées au cœur de l’œuvre de Thomas Canto. L’exposition «Gravitational Transparencies» présentée chez Matthew Liu Fine Arts (Shanghai) témoigne des multiples possibilités offertes par le jeu des réflexions lumineuses et les impressions d’infini qui en découlent.

Il continuera ces recherches sur la transparence avec l’installation «Illusory Perspectives» présentée au Centre Pompidou pour le quarantième anniversaire du musée.

Plus récemment, Thomas Canto développe un travail sculptural qui mélange techniques traditionnelles et industrielles. Les œuvres qui en résultent ont vocation à être installées dans l’espace public afin de créer un véritable dialogue entre l’environnement urbain et ces créations qui en sont inspirées.

LE HANGAR 107

107, ALLÉE FRANÇOIS MITTERRAND
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